MON PARCOURS

NEVER GIVE UP

 

 

Temps de lecture : 15 minutes

 

Vous trouverez en entête de cette page, quelques photos de moi en studio qui défilent de manière automatisée au travers des années écoulées.

 

Les noms propres et les mots divers soulignés et de couleur rouge sont tous cliquables et vous permettront d'accéder aux informations du sujet concerné si besoin, afin d'en savoir plus.

 

Les écritures de couleur orange, sont elles, juste les dates, afin de mieux les situer visuellement dans le fil du récit.

 

Je vous souhaite une bonne lecture.

 

 

PROLOGUE

 

Il est toujours délicat de parler de soi en réussissant à être le plus honnête possible, en ayant le recul nécessaire pour ne pas enjoliver la réalité, notamment quand on évolue professionnellement dans un univers où l'image est reine. 

 

J'ai donc tenté de décrire ici mon parcours comme si je m'adressais à mes enfants, en toute sincérité et en dévoilant une part d'intimité sur les aspects de ma vie personnelle qui auront un impact sur qui je deviendrai artistiquement et donc sur ma carrière de compositeur.

 

Tout ceci avec la volonté de leur faire découvrir quel aura été mon chemin d'artiste dans ce milieu des plus complexes à appréhender.

 

Mon idée est aussi de contribuer à véhiculer un état d'esprit positif et inspirant, directement tiré de celui de Walt Disney lui-même et parfaitement illustré par sa célèbre maxime : "If you can dream it, you can do it".

 

Voici donc mon histoire de compositeur professionnel , sans exagération ni petits arrangements avec les faits. Et je crois pouvoir dire aujourd'hui avec le recul que confère le temps qui passe, que j'en suis assez fier. Surtout quand on sait que j'ai mené cela en parallèle d'une autre carrière aux multiples facettes complexes. Et elle aussi très prenante de par sa nature.

 

I did it ! And I'm proud of it.

So, never give up !

Cause it's really possible to catch your dream !

 

 

CHAPITRE 1 : GENESE D'UN AUTODIDACTE

 

Je me souviens encore, de la musique du Allan Parsons Project que j'écoutais assis à l'arrière de la R18 de mon père qui filait en ce temps là sur les routes du sud de la Bretagne au début des années 80, vers 1982 plus précisément. J'étais un gamin pas très différents des autres je pense, quoique peu sportif.

 

En ce temps là, nous nous sentions quasiment tous de plus en plus libres en France. Une ère du renouveau et de réussite à l'américaine, suite à l'élection de l'acteur Ronald Reagan comme 40ème président des USA, commençait à insuffler alors partout le monde libre, du côté Ouest du mur de Berlin. Bernard Tapie, entrepreneur français de talent, viendra ensuite rapidement prendre le relais en incarnant cette idéologie "self-made man" de talent en France. L'état d'esprit de la société française était festif et résolument positif. Tout semblait alors possible à chacun(e).

 

Je grandi au sein d'une famille de "travailleurs" où l'idéologie militante gauchiste-communiste-soviétique de lutte des classes transpire par tous les pors de la peau et est le sujet principal des débats familiaux que l'écoute alors avec attention. Cependant, mon père est, sur ce sujet au moins, le vilain petit canard de la fratrie, car lui il est clairement libéral. Ce qui donne lieu à des joutes verbales et des échanges de points de vue sportifs avec mes grand-parents et mes oncle et tante. Ce qui me marque à l'époque. J'ai vers 7 ou 8 ans quand je le perçois déjà le clivage entre deux visions rêvées du monde. Je vais, pour mon plus grand bien future, et par logique à force d'observation pragamatique, suivre le même chemin de pensée que mon père, sans pourtant qu'il ne m'y pousse particulièrement. Je constate par moi-même que les gens de droite réussissent bien mieux ce qu'ils entreprennent de par leur état d'esprit libéral alors que les gauchistes eux, de mon point de vue en tout cas, piétinent. Et on ne verra pas plus tard de ruée vers l'Est à la tombée du chutte du mur de Berlin, preuve s'il en faut que ce modèle de socité ne séduit pas grand monde au final, même pas les communistes ne déménagent pas en allemagne. Pourquoi donc me dis-je si c'est si bien le communisme ???  Le choix est donc assez simple. Je suis encore gamin, mais j'ai déjà des rêves naissants que je veux réaliser. J'emprunte donc naturellement une voie plus individualiste de la réalisation de soi. Je n'aurai jamais à le regretter. Elle sera le marqueur principal de ma destiné, même si je ne m'en rend pas encore vraiment compte à l'époque. Je penserai toujours désormais que je préfère la stimulation les talents individuels pour faire progresser le groupe, plutôt que de les diluer dans une masse informe en les égalisant et les nivelant.

 

A cette époque, avec mes parents nous étions revenu depuis peu d'Afrique noire, où nous avions vécu en Côte d'Ivoire durant l'année 1980. Une expérience qui forgera bien plus tard une certaine facette ethnique dans mon approche musicale dès les années 90, appuyé alors par l'arrivée du groupe Deep Forest et son tube mondial Sweet Lullabye, d'un tout nouveau genre musical sorti en 1994. Je ferai des années plus tard la connaissance d' Eric Mouquet, un des deux compositeurs du groupe, au Synthfest de Nantes, lieu de rendez-vous annuel des passionnés et geeks de synthétiseurs en France.

 

Fils unique, grandissant avec mes parents à Quiberon en 1982 et 1983, nous vivions alors dans un modeste appartement composé de deux pièces. En semaine, une fois couché, j'écoutais en fond le son de la TV et ses artistes de variété qui chantaient. Le samedi soir, comme beaucoup de français de l'époque, nous étions tous les samedis soir installés devant le poste de télévision, qui n'avait encore que 3 chaînes à l'époque, pour regarder "Champs-Elysée", la grande émission de divertissement de l'époque, là où défilaient quantité de vedettes françaises et internationales. C'était une vrai fenêtre sur le monde mais elle incarnait aussi le côté resplendissant de la France qui se modernise. Ca me plaisait beaucoup !

 

J'ai découvert ensuite par hasard Deep Purple et Daniel Balavoine quand j'avais 10 ans en 1985, au travers de cassettes offertes par mon père, accompagnées d'un Walkman. Quelle invention de génie ce truc portatif avec son casque en mouse orange qui allait révolutionner le mode d'écoute !

 

Daniel fût l'immense déclencheur de ma future carrière de compositeur. Le point de départ. Je lui doit beaucoup. J'étais, et suis toujours aujourd'hui, fasciné par son approche musicale tellement innovante et sa sonorité cristalline (tel un Peter Gabriel français que j'adorerai aussi plus tard), avec son utilisation du révolutionnaire 1er sampleur, le Fairlight CMI, et ses textes profonds de sens et d'engagement humain. L'album "Sauver l'amour", qui son dernier hélas mais son plus abouti, reste encore mon préféré entre tous, plus de 40 ans après sa mort, aussi tragique que soudaine, dans cet accident d'hélicopère du 14 janvier 1986 en Afrique. Son décès fût un drame national, tellement il était aimé des français. J'en fût moi-même totalement boulversé et le suis encore en écrivant ces lignes.

 

La même année, je me suis acheté un modeste "ghettoblaster", pour mes 11 ans (1986), fameuse année de sortie des "Démons de Minuit", titre que presque toute la France écoutera alors en boucle. Quel tube, bravo au groupe Image ! J'ai rarement écouté autant une chanson à la radio !

 

Ce n'est que tardivement, en 1988, j'avais alors 13 ans, qu'a commencé le début de mon auto-apprentissage musical, assis rigoureusement 2h tous les soirs après l'école devant un synthétiseur, le Yamaha PSS-480. Tandis que les garçons de mon âge s'amusaient dehors, moi je faisais le choix de bosser et de m'investir déjà pour mon avenir... J'avais décidé à la mort de Daniel que je deviendrai compositeur de musique professionnel. Je pense que j'ai toujours été assez mature avant l'âge,  une sorte de "jeune vieux" à cette époque, et qu'avec les années qui passent, la tendance s'est inversée. Je deviens, mentalement, un "vieux jeune"...  Allez comprendre !

 

Ce PSS-480, payé neuf l'équivalent de 400€ à l'époque, était donc un petit orgue/synthé/jouet commandé sur le catalogue de La Redoute avec mes petites économies accumulées lors des Noël et anniversaires. Mais aussi gagnées en ramassant durement des légumes, à la tonne parfois et en un jour (vive les patates !), sous le soleil d'été de la ferme de ma grand-mère maternelle, quelques jours chaque été entre 9 et 12 ans, en Bretagne à Plouhinec près d'Audierne. Cela m'inculquera et ancrera en moi les valeurs d'effort, d'opiniatreté et de satisfaction du résultat obtenu. Ce fût une très bonne école de la vie. Bref, j'étais certain qu'avec cet outil musical sensationnel à mes yeux, une carrière musicale m'ouvrirait rapidement et indiscutablement les bras ! Mais cela prendra finalement un peu plus de temps et d'efforts que prévu, comme j'allais le découvrir...

 

Entre mes 12 ans  (1987) et mes 16 ans (1991), je découvre à la file Jean-Michel Jarre, Vangelis, Jean-Stephan Regottaz, Ennio Moriconne, John Williams et la musique de film et new-age en général. Je dévore tout ce sur quoi je peux mettre la main en terme musique instrumentale. Elle me transcende, j'en suis dingue ! Rien à voir avec ce qu'écoutent les garçons de mon âge. Je suis donc en partie hors mode, déjà atypique, mais pour moi ce n'est pas grave du tout. J'ai un but clair en tête. Et je n'en dévirai pas.

 

Ensuite, toujours hyper motivé sur le chemin de l'atteinte de mon rêve, je fis l'acquisition en 1991 de mon premier synthétiseur workstation professonnelle : le Roland D-20 . Acheté l'équivalent de 1000€ de l'époque en occasion et que j'ai toujours aujourd'hui d'ailleurs. Ceci peu après mes 16 ans, en revendant hélas mon premier instrument pour financer en partie ce second, dont je rachèterai le modèle 20 ans plus tard par nostalgie une cinquantaine d'euros d'occasion. Il servira lui aussi de clavier d'initiation pour ma première fille.

 

Tout ceci fût suivi, des années plus tard, par beaucoup d'autres synthés et divers matériels de musique assistée par ordinateur, le temps et les finances aidant... Ma femme vous en dira tant ! Je me rappelle encore de sa mine ébahie et ses yeux bien ronds quand elle a mis les pieds la première fois dans mon studio. Les magasins de musique locaux passeraient de très loin aujourd'hui encore pour des petits joueurs à côté...

 

C'était fait, j'étais piqué au virus de la musique instrumentale et synthétique ! Grosse addiction qui allait toute ma vie me coûter quelques piécettes... Je n'achèterai d'ailleurs ma première voiture qu'à 28 ans, par priorisation financière pour la musique.

 

Les passionnés en la matière savent bien de quoi je parle ! Le fameux "gear addiction syndrome" n'est pas un mythe ! C'est une maladie grave, mais supportable au final... ;-)

 

 

CHAPITRE 2 : OPPORTUNISME DECOMPLEXE

 

Ma carrière musicale débuta concrètement en 1993. J'ai alors à peine 18 ans. Ceci via quelques modestes B.O de films institutionnels pour des élèves en école de communication à Sophia-Antipolis. Je vivais alors à Cannes avec mon père depuis quelques années déjà depuis mes 11 ans (1986). Mes parents s'étant séparé, j'avais fait mon choix. Je ne l'ai jamais regretté. Mon père a été un modèle libéral très formateur pour mes deux métiers au final. Sans lui je n'en serai pas arrivé là où j'en suis, c'est certain. Donc, merci papa ! Si j'étais resté vivre avec ma mère, rien ne se serait certainement passé. J'ai bien fait de me battre pour ça en luttant contre ma mère sur ce sujet de mes 9 à mes 11 ans en l'occurence. Je ne la verrai plus trop régulièrement ensuite, ce qui ne sera pas grave pour moi. Je serai toute ma vie beaucoup plus proche et largement plus complice avec ma grand-mère paternelle Alice, débordante d'amour pour moi et réciproquement. Ainsi que ma tante partenelle Marie-Mathilde que je remercie toutes deux de tout coeur de tout l'amour et l'attention que j'ai reçu de leur par jusqu'à ce jour. Car une chose est vraiment importante et fondamentale pour un artiste : le besoin d'amour. Elles ont sauvé mon âme de par les graines qu'elle y ont fait germer durant mon enfance et qui me nourriraient ensuite toute la vie quotidiennement. Merci Alice et Marie-Mathilde pour ce trésor inestimable que vous m'avez transmis. Love is all ! Ce sera mon moteur, mon carburant à base d'uranium. Grâce à ce don faisant office de carburant, rien ne m'arrêtera plus dans la vie !

 

1995-1997, de 20 à 22 ans je suis militaire durant 2 ans à Gap. Je m'occupe, en plus de mes activités régulières de militaire, de la chorale des enfants de gradés sur mon temps personnel. C'est très sympa, ils sont trop chouchoux ces petits. Et ça m'octroie certains avantages sous la bienveillance et l'indéfectible gentillesse de l'épouse du Chef de Corps Mme Catherine Epitalon. Je compose alors pour faire chanter les marmots et j'aime bien ça en fait ! Je sort pour l'occasion de mon registre de compositeur en devenir de musiques de films. Et c'est très bien comme ça ! J'ai des permissions le week-end pour rentrer enregistrer à Cannes mes idées musicales dans mon petit home-studio, afin qu'ensuite les petiots y posent leurs voix. Ils seront, durant ce séjour militaire, mes "petits flocons" de neige.

 

1999, direction la côte Est des USA où je rejoins à Wilmington NC, ma girlfriend américaine du moment, actrice de sa personne. Ceci afin de voir si une carrière est envisageable chez les ricains. Je pénètre alors dans le petit monde merveilleux du plateau de tournage d'une fameuse série pour teenagers qui alors a le vent en poupe. Série éponyme dans laquelle apparaît à l'écran un certain "Dawson", personnage incarné par l'acteur James Van Der Beek, qui sera le seul acteur de premier plan de la série que je ne rencontrerai jamais, faute de ne pas être sur le set de tournage au même moment que lui, hasard de la vie... Toutefois, j'y sympathise avec une adorable débutante Katie Holmes qui, anecdote, deviendra des années plus tard l'épouse de Tom Cruise. Bref, je suis, à 24 ans, sur cette série, au succès international qu'on lui connaît à l'époque et que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, comme le dirait presque une célèbre chanson... Elle est tournée dans les studios Screen Gems de Franck Capra Jr. Là, ça devient donc du sérieux...

 

Hélas, je n'ai pas vraiment les papiers adaptés à une installation pérenne... Je n'en ai pas du tout en fait ! "J'habite chez une copine" comme on dit, en référence à une fameuse comédie populaire des années 80,  avec un visa touristique ! Je finis donc par rentrer en France, mais j'ai appris et surtout compris que mon rêve était concrètement possible. Il était devenu palpable.

 

Après cette première incursion au pays des cowboys, parlant anglais comme un vache espagnole à l'époque (je me suis soigné depuis !), je retente ma chance en 2007, mais cette fois-ci sur la côte Ouest, à Los Angeles. J'y suis très gentiment reçu par le compositeur Paul Haslinger (ex-membre du célèbre groupe germanique de musique électronique à succès Tangerine Dream, mondialement connu pour avoir composé entre autres la musique futuriste de la série TV "Tonnerre Mécanique"). Nous sommes dans son studio privé installé à son domicile. En bon geeks, nous y échangeons alors avec frénésie sur le matériel de musique et les techniques liés aux musiques actuelles via ordinateur. Cependant, après mûre réflexion, je ne donnerai pas suite. En effet, une concurrence de malade sévit déjà sur place entre les 7.000 compositeurs-voituriers-concierges-ninjas en devenir ! Merci, mais ça va aller... Je n'ai pas vocation à me faire hacher menu par les voraces mâchoires hollywoodiennes pour trois cacahuètes de rémunération qui plus est. Je vais donc essayer de trouver un ciel plus clément pour me réaliser...

 

 

CHAPITRE 3 : ASCENSION VIGOUREUSE

 

En 2012, je rencontre Hans Zimmer. La rencontre est clairement exceptionnelle. Hans me galvanise suffisamment pour que je me donne les moyens de mes ambitions : passer pro à l'international ! Mais cela, je dois le faire à présent à partir du "bout du monde", à la pointe ouest de la Bretagne, par nécessité de stabilité familiale, car ma première fille va naître. Je cré donc à partir de 2013 mon propre studio pro privé à la maison. Studio qui grossira en 2018 pour devenir bien plus conséquent avec la construction d'un bâtiment de 142m2, tout dédié à la musique de films et électronique : le Planétarium Studio. Avec Hans, je me suis pris le choc artistique et humain qu'il me fallait pour franchir un nouveau cap et y mettre les moyens. Danke Hans !

 

Vous me direz à ce stade que j'ai eu bien "de la chance" au travers de toutes ces belles rencontres ? Possible... Mais surtout, je les provoqué ! Ce genre de rencontres ça n'arrive pas "comme ça" en restant assis sur son séant. Il y a un gros à réaliser travail en amont. Et vous aller voir que c'est très loin d'être fini !

 

Sur le même modèle justement, je rencontre en 2017 une de mes idoles d'enfance au Festival de Cannes : Arnold Schwarzenegger hymself ! The Austrian Oak, The Myth... Comblé je suis ! Là franchement, carton plein ! Il est là pour pérrsenter le film documentaire dont il assure la voix off "Wonders Of The Sea" réalisé par Jean-Yves Cousteau, fils du célèbre Commandant Jacques-Yves Cousteau, qui lui m'aura transmis dans mon enfance, d'une part la passion de la plongée sous-marine, et d'autre part il aura éveillé mon oreille attentive car ses films étaient soutenus en musique par les oeuvres de Jean-Michel Jarre et de Vangelis​ le plus clair du temps. Ca a du insidieusement pas mal me conditionner...

Bref, on discute, on discute, on discute... Et j'en oublie de prendre un selfy avec Arny avant de nous quitter ! Tragique non ?

Je rencontrerai, quelques mois plus tard la même année, dans ses bureaux de Los Angeles, le sympathique Patrick Knapp Schwarzennegger, neveu et avocat d'Arnold. Lieu "réserve" stratégique du clan germanique, là où la bière allemande ne se tarit jamais. Mais ceci est une autre histoire, que la décence m'interdit de conter ici...

 

 

CHAPITRE 4 : RETOUR GAGNANT EN TERRE PROMISE

 

J'ai beaucoup vécu à Cannes avec mon père dans mes jeunes années, de 1986 à 2005. Le Festival de Cannes y était alors, comme de nos jours en mai, l'évènement incontournable de l'année. J'avais eu en l'occasion d'en gravir les marches à l'occasion d'une place offerte par une amie de lycée quand j'étais encore un lycéen en 1993. Ce fût un sacré moment. Je monta, un jour de Mai, les marches du festival aux côtés de l'acteur David Carradine, je croisais ensuite dans le hall Jean-Claude Van Damme, et pour finir j'étais assis, en bas dans la fosse, parmi les vedettes internationales, dont Christopher Walken situé juste sur le siège devant moi. Ce fût une bonne mise en abîme de l'objectif poursuivi en tant que jeune compositeur en devenir de 18 ans. Ca motive, comme on dit !!! Ce n'est pas un truc qu'on fait tous les jours, ni qu'on oubli de si tôt...

 

Et il se trouve que, 13 ans après avoir quitté le sud de la France, on est alors en 2018Et il se trouve que j'ai le vent en poupe. Je décroche cette année là ma première montée des marches à Cannes comme compositeur professionnel pour la B.O du thriller 2 Graves In The Desert, affichant deux stars hollywoodiennes : Michael Madsen et William Baldwin. Le niveau monte à nouveau d'un cran et en plus je m'en fais, quelques mois avant, en décembre 2017, des potes, en passant du temps avec eux h24 dans la caravane de Michael à refaire le monde sur le tournage qui se déroule alors près de Vegas, dans le desert de Mojave. Je parle beaucoup mieux "l'amerloque" cette fois-ci, sauvé !

Toutefois, à cause d'une batailles infondée de droits entre le réalisateur et les coproducteurs (dont je fais partie), le film, qui devait sortir en 2018 après sa présentation à Cannes, sortira finalement seulement en mars 2020 (et en plein confinement du Covid-19 en plus !), mais ceci juste en DVD et Blu-ray.  Pourquoi donc me direz-vous ? Parce-que, le réalisateur aura en fait, par pure bêtise et un égo démesuré, totalement ruiné la sortie de son film et sa carrière au passage. Terminus ! Car tout se sait dans le métier. C'est un petit monde où on ne mord pas la main qui te donne une chance aussi inouïe que celle-ci de réaliser un film avec des stars américaines et d'aller à Cannes le présenter pour ton premier long-métrage! Il faut être complétement barjo ou masochiste ! No coment... Je vous passe les détails. Beau gâchis en tout cas ! Pour le coup, j'aurai beaucoup appris sur ce film concernant la nature humaine, le mal et le vice. Même si je m'en serais très largement passé sur une si belle occasion professionnelle, pour laquelle, en plus, tant de gens ce sont donné tant de mal pour que ça se passe pourtant au mieux. Bref, moralité : quand ça ne veut pas, ça ne veut pas, point !

 

La même année, installé en première ligne à 3 mètres du Maître absolu de la musique de films avec ses plus de 500 B.O.F  composée, j'assiste à Paris à la tournée d'adieu d' Ennio Moriconne, 88 ans déjà, qui est alors en pleine direction d'orchestre symphonique à Paris. Upercut sensoriel garanti...

 

En 2018, sort également à travers le monde la série documentaire franco-chinoise au budget conséquent "La Chine au Fil des Rails" ("China Express" en anglais). Série en 6 épisodes de 52' et dont j'aurai l'honneur de composer la partie des musiques originales. Elle cumulera 1,2 milliards de spectateurs en TV à travers le monde. Pas trop mal pour un galop d'essai en série documentaire ! Le premier ministre chinois commentera d'ailleurs, lors de l'avant première à Beijing devant les huiles du parti, en ayant ces mots : "法国人在音乐方面很棒 !"... Vous ne lisez pas le mandarin ? Ah pardon, ok, je traduis : "Vous les français vous êtes forts en musique !". J'apprécie alors forcément le compliment.

 

En 2019, nous sommes, conjointement avec mon camarade le producteur corse de cinéma et de TV Marc Andréani, à l'origine du projet de traversée de la Manche en Flyboard Air par Franky Zapata, une 1ère mondiale, 110 ans après Louis Blériot en avion à moteur. Exploit duquel naîtra le film documentaire de 90' Flying, commandé et diffusé par Canal+dont j'écrirai la musique du générique sous la forme du titre électro Aircraft 1909. Le doc est un évènement en soit ! On ne traverse pas tous les jours la Manche en volant façon Surfer d'Argent !

 

 

CHAPITRE 5 : VIRAGE OUVERT

 

Arrivé en 2020, avec au compteur pas mal de B.O de plus, composées pour des médias de premier plan (TF1, Canal+, France TV, Gaumont, etc), je me diversifie dans la chanson auprès d'artistes de variété et de comédies musicales. Ainsi qu'en tant que réalisateur musical pour des collections de livres audio pour la jeunesse. Dont notamment la superbe trilogie de bandes dessinées en 3 volumes + CD  "Le Rêve de Jane" en accord avec la primatologue mondialement reconnue Jane Goodall que je rencontrerai pour l'occasion et la validation du travail réalisé avant publication et sortie commerciale. Cette trilogie relatant le récit du début de sa relation avec les chimpanzés, à Gombé en Afrique. Tirée à seulement 15.000 exemplaires, le stock de l'éditeur sera vite épuisé.

 

La même année 2020, je nage dans le bonheur en épousant celle qui est mon amour depuis quelques mois déjà, mon "évidence" et mon pilier d'ancrage au quotidien. Nous accueillerons la même année notre fille. Je vais vous reparler d'elles deux d'ici quelques lignes car elle auront justement une importances toute particulière dans ma carrière un peu plus tard.

 

De 2021 à 2025, je serai en charge de mettre en musique "Face au Climat", la grande série documentaire internationale en 9 épisodes de 52' sur l'évolution du climat dans le monde, présentée par l'aventurière bretonne Anne Quéméré pour Ushuaïa TV et le groupe TF1. Une série qui laisse libre court à mon sens de la mélodie en utilisant l'orchestre à cordes à foison. Série pour laquelle je prends donc beaucoup de plaisir  à composer. Le processus de composition est fluide, ça coule tout seul, j'adore.

 

 

CHAPITRE 6 : GUERRE EN UKRAINE

 

En 2022, je bénéficie de la participation tout à fait exceptionnelle du président ukrainien Volodymyr Zelensky dans le cadre d'une musique que je compose à propos de l'agression russe en Ukraine et pour laquelle j'utilise sa voix. Je l'avais croisé totalement par hasard trois ans plus tôt, en 2019, au hasard d'un vol Kiev-Paris, mon épouse étant ukrainienne m'avait parlé de lui (nous y revoilà !). Vol à bord duquel nous étions voisins de cabine à quelques sièges. Ceci deux semaines à peine avant qu'il soit élu président, tout relax en jean et baskets. Pour tout dire je ne savais pas du tout de qui il s'agissait au début du vol, ne connaissant pas son visage. Mais comme tous les passagers défilaient pour venir saluer le bonhomme, j'ai commencé à trouvé bizarre ce petit manège ! Sa voix, issue de son discours lors de la cérémonie des Grammy Awards en 2022traitée et remontée par mes soins, a donc été posée en 2022 sur le titre que j'ai composé en faveur de la paix en Ukraine : Free Like You, dans le cadre de l'album Peace Will Come que j'ai produis alors au sein du collectif des "Artistes Français pour l'Ukraine" que j'ai rassemblé pour l'occasion à bord du projet, notamment le compositeur Jean-Philippe Rykiel que j'écoutais lors de mes jeunes années. Ceci dans le but de financer une partie de l'accueil en France des femmes et enfants déplacés de guerre. Un vidéo clip "du pauvre", pourvu de seulement 1000€ de budget et auquel participerons entre autres moi-même, mon épouse ukrainienne et notre plus jeune fille qui a désormais 2 ans, est alors tourné. Pas moins que le réalisateur des clips d'Elton John, de Sinnead Oconnors, Johnny Hallyday etc... David Vital-Durand  nous fera la gentillesse de se rendre bénévolement disponible pour venir le réaliser en Bretagne en juin 2022, puis pour le monter. On ne se refuse rien pour la bonne cause ! J'avais précédemment eu la chance  de composer pour David et son frère Raphaël en 2018 la B.O de leur 1er long métrage de fiction "Et Mon Coeur Transparent" avec au casting Caterina Murino, ex James Bond Girl du film Casino Royal (avec Daniel Craig), et aussi l'acteur français Julien Boisselier. S'en suivra ensuite tout un battage médiatique pour lequel je suis invité à Paris sur le plateau de BFM TV lors de la venue en France de l'épouse du chef d'état. Epouse que je rencontrerai très fugacement et qui repartira avec une poignée de nos CD dans sa valise. Le clip circulera pas mal sur le front, rapidement partagé entre les défenseurs de la liberté grâce à Andreï Vovk, l'oncle de ma femme par alliance, héros engagé volontaire de la liberté, mort sur le champs de bataille ukrainien à 51 ans le 23 février 2023, date pas anodine pour moi telle un rendez-vous, en sauvant un jeune soldat. Nous ne t'oublierons pas Andreï. Ton sacrifice ne sera pas vain. L'Ukraine vaincra. Gloire à l'Ukaine ! Peace will come !

 

 

CHAPITRE 7 : HORIZON NOUVEAU

 

En 2024, ma chaîne Youtube dépasse les 100.000 abonnés du monde entier. Je reçois alors le fameux trophée mural argenté de Youtube. Cool ! Quoi que je sois un peu en dilettante sur le sujet de la communication via ce canal. Ca va, ça vient...

 

Dès 2024, je suis parfaitement lucide sur la situation à venir des compositeurs dans l'industrie du cinéma et comprends que, malgré les gesticualations de nombre de mes collègues dressés vent debout, l'IA va dévorer 90% du marché de la musique de films façon explosion atomique sur Hiroshima durant les 5 à 10 ans qui viennent. Quasiment tout sera rasé... Je comprends dès lors que seuls subsiteront ceux qui auront su développer une patte artistique bien marquée avec un son bien à eux. Un sorte de marque de frabrique, une forte personalité.

 

Je commencais déjà dès 2023 à pivoter sérieusement vers l'univers des spectacles son et lumière. Je décide donc dès lors d'y aller pied au plancher !

 

Depuis 2026, ayant dépassé les 60 B.O.F livrées et fais un bon tour du métier, je complète donc ma palette artistique en préparant la production d'évènements "son & lumière immersifs". Spectacles qui sortiront à partir de l'été 2027 et 2028 en testing modeste en France, puis bien plus largement et avec de plus gros moyens dans le sud de l'Europe (Espagne, Portugal, Italie), ce à partir de 2029.

 

Il s'agit pour moi d'une nouvelle discipline mais en l'occurence aussi d'une zone d'expression libre, non contrainte par une pellicule imposée, que je vais donc certainement beaucoup pratiquer et développer durant les années à venir, tellement je trouve le domaine captivant  sur le plan créatif dans ma position de compositeur-producteur !

 

Je ressent plus que jamais aujourd'hui, ce besoin de contact direct avec le public. Tout ça tombe à point nommé ! Mais y-a-t'il vraiment un hasard ?...

 

 

EPILOGUE

 

Aujourd'hui, au-delà d'une vie de famille recomposée réussie avec mon clan à cinq, je continue à cultiver mon fragile et précieux équilibre professionnel, en continuant à mener de front mes deux carrières, artistique et business.

 

La cinquantaine passée et une relative et satisfaisante réussite des deux côtés, je me laisse aller à penser que ce fût vraiment le bon choix que de les avoir mené toutes deux simultanément durant plus de 30 ans. Cela, sans finalement avoir repoussé la musique à "plus tard", comme beaucoup le font par nécessité financière ou submersion par le quotidien. Un "plus tard" qui, par essence, n'est jamais certain... Et qu'en dire à l'avènement d'I.A comme Suno et d'autres. Il faut tâcher de ne rien repousser à demain.

 

Comme le dit un proverbe slave : "la vie est un bien perdu pour celui qui ne l'a pas vécu comme il l'aurait voulu".

 

Pour rappel, je suis autodidacte, je n'ai jamais appris ni à jouer ni à lire la musique. Et pourtant, je me dis que je m'en suis pas trop mal sorti finalement. J'ai atteint mon rêve, à ma manière, sans forcément suivre le cours du lit de la rivière, ni écouter les grincheux négatifs. Mais plutôt en allant de l'avant et en mettant un pied devant l'autre en passant à l'action.

 

Ma conclusion va alors de soi : tout est possible à celui ou celle qui croit en lui ou en elle. A ceux et celles qui se donnent les moyens et qui mènent des actions concrètes, réfléchies et organisées, pour atteindre leur but. Tout étant souvent une simple question de "où" on place ses propres priorités.  Qu'est-ce qui est vraiment important ? Quel est le gros cailloux prioritaire dans notre vie ?

 

Pour moi c'est tout d'abord la famille avec ma femme et nos 3 enfants et nos familles du cercle proche. Puis viennent ensuite la santé, la musique, le business, les voyages, etc... A chacun de voir ses priorités. J'estime, arrivé à mon âge, ne pas avoir sacrifié mes essentiels et j'en suis bien content. Ils me le rendent bien. J'ai tout mené de front et ça n'a bien évidement pas toujours été très simple. C'est aussi ça la vie.

 

Voilà, en résumé en tout cas, ce qu'à été jusqu'à présent, ma folle aventure dans le milieu de la musique ! Si toutefois cela intéresse quelqu'un évidemment.

 

La suite bientôt, pour de nouvelles aventures de compositeur et de producteur de spectacles "son & lumières" et plein d'autres musiques de films et des  chansons j'espère !

 

L'aspect "live music" m'attire de plus en plus ! Le contact avec le public m'a toujours manqué, terré que j'étais au fond de mon studio. Voilà donc un vide que je vais m'efforcer de combler durant les 15 à 20 ans qui viennent tant que la vie irriguera mes veines. J'ai n'ai aucunement l'intention de prendre une quelconque retraite un jour en la matière. Le mouvement c'est la vie !

 

Je vous souhaite une bonne découverte de mon modeste univers artistique et le meilleur dans votre propre vie et beaucoup d'amour autour de vous et dans votre coeur.

 

Love is all !

 

Peace.

 

Erwan COÏC.

 

Le 17 Avril 2026

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MUSIQUE DE FILM :

 SAISON 3

(2025 - 3 x 52')

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